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Maison Lussier-Martinez à Ottawa (photos O. Jacoulet - DR)


UNE AFFAIRE DE FAMILLE ENTRE DEUX MONDES

<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p>A Ottawa, capitale fédérale mais si provinciale en dépit de ses 785 000 habitants, dans cet Ontario si anglophone à une demi-rivière-des-Outaouais du Québec, si sourcilleux de sa francité; dans cette ville comprise entre immeubles et campagne; entre amérindiens et immigrants, entre anglophonie et francophonie, un quartier: Rockcliffe qui depuis une cinquantaine d'années passe subtilement d'un havre pour les vétérans de la deuxième guerre mondiale et les baby-boomers à une zone résidentielle accueillant, tel un melting pot urbanistique, ambassades et bobos.
Dans ce quartier, une maison reflète toute la dualité canadienne, à cheval entre deux mondes: la maison Lussier-Martinez, à l'origine un "cube" offert à des conditions préférentielles aux anciens combattants du deuxième conflit mondial, affiche aujourd'hui derrière sa façade de bardes de bois couleur locale, un aménagement moderne, zen, voire même futuriste, oeuvre du fils de la famille, jeune architecte diplômé et lauréat d'un prix d'architecture (prix décerné à des étudiants en architecture pour avoir développé des maisons selon des normes américaines) et de sa compagne qui ont audacieusement revitalisé l'entrée et l'intérieur de la maison familiale.
A l'image de ce quartier, les propriétaires reflètent aussi ce melting pot: tous deux sont Canadiens, lui né en France et elle au Chili, contrainte avec sa famille de fuir en quelques heures la dictature de Pinochet.
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<o:p>De la lumière avant toute chose
Les deux architectes en question sont Jean-Sebastian Mailhiot et Catherine Gauthier: tous deux récipiendaires du Prix Habitat 67 en 2003 et 1er Prix du Concours PCI (Precast Concrete Institute – Atlanta 2004 - JSM). Ils sont toujours considérés au Canada comme des stagiaires en architecture. Bien que tous les deux diplômés, il leur reste à accomplir 3000 heures de stage cette année avant de présenter l'examen de l'ordre des architectes du Québec (OAQ.) En attendant, ils sont autorisés à réaliser des projets résidentiels jusqu'à 300 m² résidentiel.
A l'origine du projet, une volonté d'unifier les espaces, le foyer, la lumière et de faire ressortir l'enveloppe, la matière première: le bois. Jean-Sebastian voulait tout simplement «faire plaisir à maman». Le projet, bien que modeste, avait d'autres ambitions: il fallait effectuer une revitalisation complète de la maison pour lui donner un caractère plus contemporain. En d'autres termes, « redonner vie à une maison de 250 m² sur trois niveaux avec une annexe, de la lumière, et un espace de circulation, d'autant qu'à l'origine la maison est un cube de 100 m² ».
Pour les deux architectes, il s'agissait d'ouvrir la maison, de reconstruire le rez-de-chaussée autour du foyer, avec la création d'un passage à droite du foyer, l'élimination des plafonds suspendus qui étaient très bas, l'élargissement de l'escalier de droite. Seuls étaient préservés, les planchers en parquet et le plafond en bois «pour un effet miroir». La couleur des murs intérieurs est le blanc alors qu'avant tout était couleur bois, afin de créer de la lumière.
L'escalier a été réorienté d'un L en U. Les auteurs ont conçu un sas d'entrée indépendant (très utile en particulier en hiver pour éviter le gaspillage d'énergie). Ce sas créé une barrière, un tampon entre l'extérieur et l'intérieur. Dès l'entrée, disent les architectes « on comprend l'étage, l'annexe avec le salon, on comprend les relations avec le sous sol. En outre, le sas permet un temps d'arrêt et de voir les espaces ». La rampe de l'escalier est en acier inoxydable et les concepteurs y ont également rajouté du verre trempé.
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<o:p>Le Cube
Il fallait aussi repenser l'entrée de la maison et la vue qu'elle offre aux passants et aux arrivants. Devant la maison se dresse désormais un cube en acier ondulé galvanisé noir (peu coûteux), pliage en acier à l'extérieur et en bois à l'intérieur. L'objectif est esthétique: «venir trancher, créer un geste fort qui identifie la nouvelle intervention, identifier l'entrée, faire une transition, un pont entre l'ancien cube original et l'annexe des années 70, et, enfin faire ressortir l'enveloppe», expliquent les deux architectes. L'intervention s'est faite derrière ce volume noir qui accentue le contraste intérieur (blanc) et extérieur (noir). L'objectif est pratique: le porche d'entrée est revitalisé car le précédent se fondait dans la maison. En outre, il a pour fonction de pouvoir s'abriter des éléments (neige et soleil). Le toit du cube est chauffant avec des serpentins électriques et s'incline doucement sur la droite avec une pente à 2%.
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<o:p></o:p><o:p>Olivier Jacoulet (Janvier 2007)

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