Hamida Djandoubi restera dans les mémoires, mais par pour ses crimes.
e-médias institut à Aix-en-Provence, a été l’hôte, le vendredi 7 octobre 2011, de l’avant première du documentaire « Le Dernier Guillotiné ».
Cet événement était organisé à l’occasion du 30ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France. Basé sur les recherches de Jean-Yves Le Naour, historien et ancien enseignant de l’école Synergie Prépa, « Le Dernier Guillotiné » raconte donc la condamnation à mort du Tunisien Hamida Djandoubi à Marseille.
Le documentaire, réalisé par Cédric Condom, a été diffusé deux jours après l’avant-première sur la chaîne Planète-Justice.
Fait rare pour un documentaire, celui-ci n’est pas narré son auteur. Les images et les interviews des différents spécialistes tels que l’écrivain Jeremy Spencer ou l’avocate Nicole Pollack parlent pour lui.
Réalisé à partir d’images d’archives, « le Dernier Guillotiné » ne traite pas seulement du cas Djandoubi mais également du contexte politico-judiciaire de l’époque.
L’affaire Christian Ranucci, que beaucoup de gens considèrent encore comme le dernier guillotiné, est par ailleurs évoqué. Le documentaire s’achève par le discours, aujourd’hui célèbre, du Garde des Sceaux Robert Badinter à l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981.
A la suite de ce discours, les députés votent l’abolition de la peine de mort, soit quatre ans après l’exécution d’Hamida Djandoubi.
La projection a été suivie d’un débat réunissant les personnes qui ont participé au film. Des étudiants ainsi que des invités divers ont ainsi pu poser leurs questions.
Le débat s’est d’abord orienté sur la volonté de J-Y Le Naour de réaliser ce documentaire. Bien qu’il n’avait aucune empathie pour Hamida Djandoubi, accusé de viol, il ne voulait pas que le dernier guillotiné de France soit ignoré ou confondu.
Les avocats ont eu aussi leur mot à dire notamment pour répondre aux questions de l’audience sur l’impartialité que requiert leur métier. Les témoignages de l’avocate Nadine Pollack, dont le père a participé au procès Djandoubi, sur les menaces de mort qu’elle a reçues dans sa carrière, étaient entre autres poignants.
Le rôle et l’influence des médias dans l’affaire ont même été discutés. L’écrivain anglophone Jeremy Spencer a d’ailleurs appelé les étudiants en journalisme à s’interroger sur la prise de position des journalistes sur des sujets d’ordre morale comme la peine de mort.
Une représentante d’Amnesty International était également présente afin d’apporter son éclairage à ce sujet sachant que la peine de mort est toujours en vigueur dans certains pays comme les Etats-Unis ou l’Iran.
Alain Peyrefitte, homme politique membre du RPR, disait à propos de la peine de mort : « La peine de mort ça ne sert à rien, il faut cependant la garder. »
Ce discours paradoxal, bien qu’hors contexte, est révélateur de la polémique que suscitent la peine de mort et son abolition encore aujourd’hui.
Pierre-François Yves (avec Antoine Lanoe)