Le 23 juillet 2007, à 21 heures, à la Roque d'Anthéron, dans le Parc du château de Florans, à l'occasion du XXVIIème Festival international de piano, Joe Zawinul Synidcate a célébré les 20 ans du groupe de l'ancien clavier de Weather Report et les 75 ans de Joe Zawinul. Face au vieux sage du jazz, 6 jeunes musiciens qui font ripaille musicale sur scène.
Fatigué, fragile, vouté, costume vert-sombre, chaussures claires, lunettes au nez, Joe Zawinul entre sur scène comme on entre dans un bistro. C'est à peine si on le remarque. Derrière lui, les 6 musiciens qui l'accompagnent dans cette tournée européenne. Pendant 1h45, Joe Zawinul Syndicate va retracer 70 ans de la musique qui a inspiré le pianiste.
Si le titre officiel du concert était « Improvisations de jazz », la réalité est que d'une part, l'improvisation était réduite à son strict minimum tant le groupe joue «carré» et d'autre part que le répertoire de Zawinul est inspiré de beaucoup de genres : classique, tzigane, jazz, world, rock, fusion, éthnique etc. Ce lundi soir ne fit pas exception.
Bien sûr, Zawinul a su faire plaisir en reprenant incidemment quelques uns de ses thèmes favoris entendus sur les albums tels «Orange Lady» ou le mythique «Mysterious Traveler». Il sait aussi laisser la parole à ses musiciens comme ce duo entre le pianiste et le jeune batteur ivoirien Paco Sery, ou encore le triplet Linley Marthe (basse un peu grasse, parfois même bruitiste inspirée), Jorge Bezerra (percusionniste et jongleur démonstratif qui ravit le public de quinquas rugissants avec son tambourin volage) et Paco Sery. Un solo/chorus de guitare d'Alegre Correa (qui porte si bien son nom brésilien, tout en grimaces et quadruples croches, poignet rigide, bras droit précis, regard constamment posé sur Zawinul). Et puis dernier morceau avec la voix puissante de la Congolaise Sabine Kabongo, si fine qu'elle disparaîtrait presque derrière son micro, et les incises vocales de l'autre percussionnsite marocain Aziz Sahmaoui dont les mélopées arabes viennent éclairer la coque blanche de la scène du château de Florans.
Fin puissante et carrée sur un thème trentenaire de Weather Report. Rappel du public qui se lève presque comme un seul hommme. Les musiciens saluent. Joe Zawinul se lève et, lentement, s'apprêtre à sortir comme il était entré, puis se ravise. Il se retourne, lève le bras, salue, au revoir, adieu, s'en va comme un quidam. Le public rappelle, rappelle encore, rappelle toujours. Les jeunes reviennent. Paco Sery entonne un duo vocal avec le public qui instinctivement s'est massé autour de la scène. Il rappelle, rappelle, rappelle. Les musiciens sortent de scène. Joe Zawinul est parti. Il ne reviendra pas. Plus.
Olivier Jacoulet