LA FORMATION PROFESSIONNELLE VUE PAR LUMP, LE PS ET LUDF
22.02.2007
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Par Jacomedia
Si la culture semble absente des débats en vue de l'élection présidentielle, on peut en dire autant de la formation professionnelle. Cette dernière mérite qu'on s'y arrête un instant tant elle est porteuse de la notion même de « culture » (culture d'entreprendre, culture de développement personnel et professionnel, culture « d'employabilité », de perfectionnement, d'implication économique et civique etc.). On trouvera donc ci-dessous les différentes propositions en la matière formulées au cours des derniers mois par Nicolas Sarkozy (UMP), Ségolène Royal (PS) et François Bayerou (UDF). I) Propositions de l'UMP UNE ACTIVITE POUR CHAQUE JEUNE Avec un taux de chômage de 23 %, l'insertion professionnelle des jeunes est un problème majeur: exclusion des moins formés, déclassement rapide des diplômés, impossibilité de fonder une famille. D'autres pays européens, comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, ont pourtant réussi à faire fortement baisser le chômage des jeunes.
Proposer pour chaque jeune un « parcours d'entrée dans l'emploi » En échange d'une « indemnité d'accès à l'emploi », chaque jeune serait informé sur les offres d'emploi disponibles et soutenu dans ses démarches. Après trois mois, le jeune encore sans emploi se verrait proposer une activité: emploi dans une entreprise, une collectivité ou une association, formation ou participation à une école de la seconde chance. En cas de refus d'activité, le bénéfice de l'indemnité serait perdu Renforcer les obligations de formation professionnelle et l'intéressement En échange d'une plus grande mobilité, les salariés doivent bénéficier de droits renforcés en matière de formation professionnelle. Il faut rattacher les droits à la formation aux salariés par la mise en place de comptes individuels. Ces droits doivent être d'autant plus élevés que le bénéficiaire aura quitté le système scolaire de façon anticipée ou qu'il est salarié d'une petite entreprise.
GAGNER LA BATAILLE DE LA MONDIALISATION PAR LA FORMATION, LA RECHERCHE ET L'INNOVATION Dans le contexte de la mondialisation, l'innovation, la formation et la recherche sont les clés de la réussite des économies développées. La France a toujours eu une main-d'œuvre de qualité, mais elle est en train de perdre son avantage comparatif. A l'étranger, notamment aux États-Unis, des pôles universitaires à vocation mondiale cherchent à accueillir les meilleurs étudiants, les meilleurs professeurs et les meilleurs chercheurs. SORTIR DU DETERMINISME SOCIAL L'école républicaine a été l'un des instruments essentiels de la mobilité sociale. Aujourd'hui, elle ne joue plus son rôle. La réussite scolaire apparaît fortement liée à l'origine sociale. Ce déterminisme est ensuite renforcé par l'importance accordée au diplôme initial. Selon le milieu social dans lequel on naît et le diplôme obtenu à 20 ans, tout semble déjà joué. L'école et la formation professionnelle doivent devenir le creuset de la promotion sociale. Ne plus stigmatiser les filières professionnelles Un parcours de découverte des métiers, obligatoire, devrait sensibiliser tous les élèves, à partir de la cinquième, sur les possibilités d'orientation et l'existence de vrais métiers derrière la formation professionnelle. Il faudrait multiplier les passerelles entre les filières, supprimer les cloisonnements, pour que les filières professionnelles ne soient plus regardées comme un repoussoir. Le salarié licencié doit bénéficier d'une aide spécifique au retour à l'emploi Une aide personnalisée devra être proposée, afin de garantir les meilleures chances de réinsertion. En effet, la qualification des salariés victimes des délocalisations est souvent inadaptée aux évolutions de l'économie française et à ses nouvelles spécialisations. Les moyens mis en œuvre par l'ANPE et l'Unedic doivent être spécifiquement renforcés pour cette catégorie de demandeurs d'emploi. Un chèque « formation professionnelle » doit être prévu pour chacun des salariés concernés, utilisable auprès d'un organisme de formation agréé (Pour plus de justice sociale, 10 propositions en débat. Site ump : www.u-m-p.org) (...), il faut garantir le droit à une formation professionnelle tout au long de la vie. Je propose que chaque salarié puisse disposer d'un compte-épargne formation individuel qui lui resterait attaché en cas de changement de situation professionnelle. Ce compte pourrait être abondé par l'Etat, par les collectivités et par les entreprises, afin de permettre aux salariés d'acquérir de nouvelles compétences. Il vaut mieux investir l'argent public dans la formation des hommes pour qu'ils puissent vivre du fruit de leur travail plutôt que d'acheter leur silence par un assistanat qui permet tout juste de survivre. (Nicolas Sarkozy -Pour une France plus juste - Douai - lundi 27 mars 2006) S'agissant du contrat de professionnalisation (contrat prévoyant une formation en alternance), quand l'employeur décide d'inscrire la période de professionnalisation dans le CDI, il bénéficiera d'une prime à l'employeur de 200 euros par mois la première année puis de 100 euros la deuxième. Ces entreprises continueront de bénéficier d'exonération de cotisation patronale de Sécurité sociale. Comme pour le CIVIS, de nouvelles aides mensuelles seront attribuées entreprises. A partir de l'été 2006, 50 000 stages seront ouverts dans ces «métiers en tension». Les organismes de formation professionnelle et les régions préciseront les besoins, sous la responsabilité des partenaires sociaux (Permettre l'accès à l'emploi des jeunes les moins qualifiés. Site ump : www.u-m-p.org) Le jour même où une personne commence une peine de prison, elle doit être prise en charge dans le cadre d'un projet de réinsertion. Il n'est pas facile de donner du travail à tous les détenus, c'est vrai. Mais rien n'empêche de développer le sport, la formation professionnelle et même l'école pour les détenus les plus jeunes. La prison doit être l'occasion de combattre l'illettrisme, d'apprendre un métier, de préparer une sortie utile. (Convention pour la France d'après Justice: le droit de confiance Assemblée nationale mercredi 3 mai 2006) Par la suite, la formation professionnelle continue « doit permettre de redresser les écarts de compétences et de diplômes entre les hommes et les femmes ». L'UMP propose à cette fin « que les entreprises soient tenues de consacrer à la formation professionnelle des femmes une somme proportionnelle au taux de féminisation de l'entreprise ». L'accès à la formation professionnelle continue des femmes en situation précaire devrait être prioritaire. (Convention que l'UMP a consacré aux Femmes, 7 mars 2006) (...) je souhaite, qu'avec les partenaires sociaux, nous révisions en profondeur l'organisation de la formation professionnelle. Aujourd'hui, elle bénéficie majoritairement à ceux qui sont déjà qualifiés et elle est notoirement insuffisante pour permettre à ceux qui ne le sont pas d'acquérir une qualification. C'est évidemment l'inverse qui devrait prévaloir. La création pour chaque Français d'un compte épargne-formation individuel crédité, par exemple, d'une durée de 20 années de formation, rechargeable au fur et à mesure de la vie professionnelle, permettrait à celui qui a cessé ses études à 18 ans d'utiliser plus tard tout ou partie de son crédit restant (pas moins de huit années dans ce cas de figure) pour acquérir une formation universitaire ou professionnelle. Il serait alors rémunéré ou bénéficierait d'un prêt. II) Propositions du PS Plus de 6 000 débats ont été organisés sur tout le territoire. J'ai reçu par Internet 135 000 contributions. J'ai écouté les partenaires sociaux, j'ai rencontré les associations, j'ai mobilisé les experts. Vous avez été nombreux à vouloir participer à cette œuvre collective. Je compte encore et toujours sur vous pour porter, auprès de moi, ce « Pacte présidentiel », pour l'expliquer, le défendre, l'incarner. Et lorsque sera venu le temps de le mettre en œuvre, je compterai encore sur vous, car c'est ensemble que nous le réaliserons. Grâce à vous, je serais la présidente... Il faut stimuler la création d'entreprises, renforcer l'investissement et la recherche, remédier à la sous-qualification, développer la formation professionnelle, soutenir les PME et renforcer l'efficacité de la dépense publique. 17- Créer le droit au premier emploi des jeunes, pour qu'aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés. Ouvrir 500 000 emplois tremplins aux jeunes, en généralisant la mesure prise par les régions de gauche. 20- Renforcer la qualification et la capacité de revenir à l'emploi des salariés menacés de licenciement : mettre en œuvre systématiquement une démarche de validation des acquis de l'expérience professionnelle et reconnaître à chacun un droit à la formation et à la reconversion inversement proportionnel à la durée des études. 21- Mettre en place une sécurité sociale professionnelle garantie par l'Etat et permettant à chaque personne privée d'emploi de se voir proposer par les pouvoirs publics un contrat de droits et devoirs comportant : - une rémunération, pendant un an, égale à 90 % du dernier salaire net perçu ; - une formation qualifiante ; - une aide personnalisée à la recherche d'emploi ; Cette prestation sera assurée par le service public de l'emploi. Dépendance et personnes âgées 49- Augmenter le nombre de places dans les structures d'accueil existantes en renforçant la formation du personnel et sa qualification La formation des enseignants est également abordée. Repenser totalement l'IUFM, encourager la formation continue, telles sont quelques unes des suggestions concrètes des internautes Reconnaître la mission fondamentale des enseignants 22- Organiser des Etats généraux des enseignants sur le mode participatif, pour améliorer leurs conditions de travail dans l'école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l'emploi précaire. (source : www.desirdavenir.com) III) Propositions de l'UDF (...) A la région, la planification, l'action économique, la formation professionnelle et le soutien à la recherche. Aider l'entreprise, c'est revoir la formation professionnelle avec les professionnels, en la distinguant de la formation académique. Bien des métiers de l'entreprise pourront accueillir des formations. Par ailleurs, dès l'école, il faut insuffler l'esprit d'entreprise, par les bases linguistiques, scientifiques, juridiques, techniques. La formation professionnelle tout au long de la vie est aujourd'hui mal conçue. Elleconstitue pourtant une clé pour l'emploi, que nous devons impérativement refonder et mieux utiliser. Une information systématique et compréhensible des mécanismes de formation professionnelle sera instituée pour tous les salariés qui bénéficieront d'un compte épargne formation, ouvert à tout moment, jusqu'à douze mois de temps disponible, pour la réalisation d'un projet personnel, sans perte de salaire. (La France ensemble : avant projet législatif de l'UDF par Pierre Albertini Député-maire de Rouen Vice-président de l'UDF chargé du projet. Source:www.udf.org ) Olivier Jacoulet 22 février 2007