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Le problème avec la BBC

 

Une information vraie non diffusée, une information fausse diffusée: oui la BBC est sens dessus dessous. Entre l'affaire Jimmy Saville (accusé d'attouchement sur mineur(e)s) et l'affaire de pédophilie avec un faux accusé, il est possible de trouver un point commun : l'absence de contrôle éditorial efficace que l'on peut faire remonter à l'époque de John Birt. La mode est alors à la gestion comptable de toutes les organisations britanniques.

Directeur-général de la BBC (radio, TV), John Birt introduit le contrôle comptable strict à la BBC lors de son mandat de 1992 à 2000. Au détriment du contrôle éditorial strict (vérification de l’information, recoupement des données, multiplication des sources etc.). Il décida de supprimer des postes de journalistes et du « middle management » (strates intermédiaires d’encadrement) au nom de l'efficacité comptable. Bref, on sacrifia la rigueur journalistique sur l'autel de l’économat. Birt, qui venait des médias privés (Granada, London Week-end Television - LWT) n'avait pas la culture « service public » de la BBC, et encore moins la rigueur éditoriale inhérente à la BBC. 

 

 Digne de Closer

Mais le « birtisme » fit d’autres ravages. Jamais la BBC n'aurait programmé une interview « people », digne de Closer comme celle entre la princesse Diana et le journaliste Martin Bashir en 1995. Ce dernier, venu de la presse people, s'est fait connaître internationalement en 2003 avec son "enquête" controversée sur Neverland de Michael Jackson, diffusée sur ITV (chaîne privée).

Newsnight, l'émission mise en cause dans les deux affaires, est une émission respectée. Les politiciens se battent pour aller sur le plateau même s'ils redoutent la fermeté et l’intransigeance éditoriale du présentateur depuis 1989, Jeremy Paxman (dont une mémorable interview avec un ministre de John Major à qui il reposa 12 fois la même question). Les "comptables" de la BBC, cherchant une idée « originale », obligèrent ce dernier à faire un bulletin météo en remplacement d’une « pastille » de 30 secondes sur la bourse. Paxman s’exécuta, à sa manière: « Soleil. Pluie. Orage. Grèle. Neige. Froid. Vent. Pas la peine d’aller au travail. Prenez un parapluie ».

Le seul élément positif de ces affaires, c’est que la BBC est capable d’ouvrir ses journaux et sites web pendant plusieurs jours sur une affaire qui la concerne directement. Et s'autocritiquer. Ce que Bourdieu aurait certainement apprécié.

Sources : bbc.co.uk ; http://www.guardian.co.uk/media/2012/jun/27/jeremy-paxmans-greatest-clips; http://www.telegraph.co.uk/culture/tvandradio/bbc/8299346/Jeremy-Paxman-bids-farewell-to-crap-Newsnight-email.html#http://www.youtube.com/watch?v=Xgb4q5umquI

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