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Québec 2012: le combat des chefs

Jean d’Amour, du PLQ, espère être réélu demain dans la circonscription de Rivière-du-Loup–Témiscouata à 200 km au nord de Québec – Photo OJ.

 

C’est ce mardi 4 septembre que 5 millions d’électeurs québécois se rendent aux urnes pour élire un nouveau gouvernement. C’est le Premier ministre Jean Charest qui le 1er août a convoqué les élections législatives dont l’issue est incertaine. Acteurs et enjeux du scrutin.

 

Les forces en présence.

5 partis sont représentés à l’assemblée nationale du Québec:

La Coalition avenir Québec (CAQ) ; Option nationale (OPN), le Parti libéral du Québec (PLQ, dirigé par Jean Charest, Premier ministre), le Parti québécois (PQ, des initiales qui font souvent sourire les confrères français), et Québec solidaire (QS). Il existe 15 autres formations politiques autorisées mais sans aucun député, comme le Parti nul (NUL, abstentionniste), l’Union citoyenne du Québec (UCQ, fédéraliste) ou encore l’Equipe autonomiste (EA, droite).

La coalition Avenir Québec, fondé en 2011, est dirigée par François Legault. Sa mission est de « relancer le Québec ».

Option nationale, également fondé en 2011 et dirigé par le député Jean-Martin Aussant, milite en faveur de la souveraineté du Québec, opposé au système fédéral actuel.

Le Parti libéral du Québec, appartient à la famille libérale (donc de droite). C’est une des formations historiques de la province lancée en 1867 dans ce qu’on appelait alors « Le Bas-Canada ».

Le Parti québécois, créé en 1968, est dirigé par Pauline Marois. Officiellement, il prône une idéologie de «gauche social-démocrate souverainiste».

Enfin Québec solidaire, fondée en 2006, est codirigé par Françoise David et Amir Khadir, de la gauche souverainiste.

 

Les enjeux.

A la différence de la couverture médiatique des élections françaises, au Québec, et d’une manière plus générale au Canada, les partis s’engagent sur des points précis. Ces derniers sont vérifiés et recoupés par les services de « fact checking » (vérification des faits) des médias comme Radio Canada. Les stratégies électorales sont reléguées au second plan derrière les plateformes électorales.

Différents thèmes ont été abordés pendant la campagne estivale relativement courte (moins de 5 semaines) : la loi et l’ordre, suite au mouvement estudiantin de contestation contre la hausse des frais de scolarité ; l’environnement avec le problème des gaz de schiste et plus générale de l’exploitation des ressources naturelles (en particulier dans le Grand Nord québécois);  le système de santé mélange de sécurité sociale françaies et de l’état providence britannique, la corruption et le travail de la commisison Charbonneau chargée de faire la lumière sur les affaires de « prébendes » au sein du secteur de la construction, l’emploi (avec un taux de chômage de 7,6% dans la province) ; enfin les relations avec le fédéral (qui s’inquiète en particulier du recul dans les sondages du parti libéral au pouvoir).

 

CAQ –  Il propose un allègement fiscal de $1000 par foyer (environ 800 €) estimant que les « contribuables québécois paient trop d’impôts ». Le parti promet de mettre fin aux salles d’attente bondées et « un médecin de famille pour tous ». Ce qui a certainement suscité la controverse au milieu de l’été, ce furent les déclarations de François Legault à l’égard de la commission Charbonneau, accusant le procureur en chef de la commission, Sylvain Lussier, d’avoir « failli à son devoir de réserve », avant de se rétracter et d’accorder toute sa confiance à cette commission chargée d’enquêter sur les affaires de pots-de-vin dans le secteur de la construction.  Le CAQ promet la mise en place de « mécanismes rigoureux de contrôle » pour lutter contre la corruption et de limiter à $100 (80 €) les dons individuels aux partis.

OPN – La formation souverainiste estime que l’avenir du Québec ne peut être maîtrisé que « le jour où nous contrôlerons tous les leviers comme le font près de 200 pays dans le monde sans jamais regretter d’être maîtres chez eux ». Le parti estime que « l’économie du Québec doit avant tout enrichir les Québécois ». En matière d’éducation,  l’OPN, s’il est élu au pouvoir, instaurera la gratuité scolaire « de la maternelle au doctorat ». Il propose aussi de revoir le financement des réseaux d’éducation francophone et anglophone « afin qu’il corresponde davantage au poids démographique respectif de chaque groupe ».

PLQ – La formation mise surtout sur son plan économique pour le plein emploi.  En début de campagne électorale, Jean Charest a annoncé son souhait de c réer « 25 000 emplois d’ici 2017 ». S’il retrouve son poste de Premier ministre, il s’engage à faire passer le taux de chômage de la province de 7,6% à 6%. Il insiste surtout sur le développement économique du Grand Nord : « l’un des plus grands projets de développement durable au monde qui nous permettra de mettre en valeur tout le potentiel de développement économique et social lié à nos ressources naturelles ». Il entend réaliser ce projet en faisant appel à des entreprises telles que Arcelor Mittal ou Rio Tinto et en investissant $80 milliards (64 milliards €).

PQ – « Agir en toute liberté » : tel est le titre du programme du parti dirigé par Pauline Marois. Cela implique « de vivre dans un Québec souverain » dont c’est le premier objectif. Dès son arrivée au pouvoir, le parti s’engage à faire adopter une constitution québécoise, «version amendée de la Charte des droits et libertés de la personne» déjà en vigueur dans la province. Dans le même temps, le parti entend «réaffirmer la garantie de la préservation des droits linguistiques de la communauté anglophone» qui a contribué depuis des décennies au développement économique, social et culturel du Québec. Tous les secteurs de la société québécoise dont les nations autochtones et inuites seront invités à écrire cette constitution. Sur la question de la corruption, qui agite depuis des années la société québécoise, le PQ promet de « créer une commission d’enquête publique et indépendante».

QS – Cette formation est l’une des rares à proposer un projet écologiste en réaffirmant les valeurs collectives. S’il est élu, le parti bicéphale promet de développer le transport collectif électrique. A l’instar de l’OPN, la formation propose « une éducation gratuite du primaire à l’université». Au plan économique, le parti souhaite rétablir le déséquilibre financier qui profite aux exploitations minières multinationales installées au Québec, en renforçant en particulier l’imposition et les redevances jugées « ridicules » à l’heure actuelle.

 

Sondages

1 million d’électeurs a déjà voté par anticipation, soit près de 5% de plus que lors du scrutin de 21008. De l’avis des observateurs, cela laisse présager d’une forte participation à l’élection du 4 septembre.

Selon les derniers sondages d’opinion, les indépendantistes du PQ l’emporteraient avec 33% des voix. Pauline Marois deviendrait alors la première femme Premier ministre du Québec. Mais en vertu du système électoral uninominal à un tour, elle serait à la tête d’un gouvernement péquiste minoritaire.

Derrière le PQ, la Coalition Avenir Québec arrive deuxième avec 28%, contre 27% pour le Parti libéral du Premier ministre sortant. L’OPN et le QS sont respectivement crédités de 9% et 2% des voix..

 Olivier Jacoulet

Sources : Radio Canada, Wikipedia, agences de presse, electionsquebec.qc.ca, quebecpolitique.com, canadajournal.net, entretiens, sites des partis représentés à l’assemblée nationale

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