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TABAC: FUMER NUIT GRAVEMENT AUX CONVENTIONS DE GENEVE

 

   A l'aune des interdictions de fumer qui se multiplient dans plusieurs pays, il convient de modifier les différentes Conventions de Genève qui autorisent l'usage du tabac pour les prisonniers et les personnes civiles détenues. Sinon, les Etats parties aux Conventions risquent d'être présentés devant la justice universelle. Des 1929, le tabac, comme élément de "bien-être" est mentionné dans la Convention relative aux traitements des prisonniers. On trouvera ci-après l'article 11 du texte.

Convention relative au traitement des prisonniers de guerre. Genève, 27 juillet 1929

Titre III : De la captivité - Section II : Des camps de prisonniers de guerre CHAPITRE II. DE LA NOURRITURE ET DE L'HABILLEMENT DES PRISONNIERS DE GUERRE;

Article 11. - La ration alimentaire des prisonniers de guerre sera équivalente en quantité et qualité à celle des troupes de dépôt.
Les prisonniers recevront, en outre, les moyens de préparer eux-mêmes les suppléments dont ils disposeraient.
De l'eau potable en suffisance leur sera fournie. L'usage du tabac sera autorisé. Les prisonniers pourront être employés aux cuisines.
Toutes mesures disciplinaires collectives portant sur la nourriture sont interdites.

    Par ailleurs, on trouvera ci-dessous les références au tabac dans diverses dispositions des Conventions III et IV de Genève, conventions qui datent du 12 août 1949.


Convention (III) de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre.

CHAPITRE II. LOGEMENT, ALIMENTATION ET HABILLEMENT DES PRISONNIERS DE GUERRE

Article 26. – (...)L'usage du tabac sera autorisé.
Article 28. - Dans tous les camps seront installées des cantines où les prisonniers de guerre pourront se procurer des denrées alimentaires, des objets usuels, du savon et du tabac, dont le prix de vente ne devra en aucun cas dépasser le prix du commerce local.
 

Convention (IV) de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

CHAPITRE II. LIEUX D'INTERNEMENT

Article 87. - A moins que les internés ne puissent disposer d'autres facilités analogues, des cantines seront installées dans tous les lieux d'internement, afin qu'ils aient la possibilité de se procurer, à des prix qui ne devront en aucun cas dépasser ceux du commerce local, des denrées alimentaires et des objets usuels, y compris du savon et du tabac, qui sont de nature à accroître leur bien-être et leur confort personnels.

CHAPITRE III. ALIMENTATION ET HABILLEMENT

Article 89. – (...) L'usage du tabac sera autorisé.


CHAPITRE VI. PROPRIETE PERSONNELLE ET RESSOURCES FINANCIERES

Article 98. - Tous les internés recevront régulièrement des allocations pour pouvoir acheter des denrées et objets tels que tabac, articles de toilette, etc. 

Solférino et le tabac

     Dans "Un souvenir de Solférino", paru en 1862, Henri Dunant, qui est à l'origine de la première Convention de Genève mentionne à 8 reprises le tabac comme élément bienfaiteur apporté aux blessés de cette gigantesque boucherie. En voici quelques extraits:

"Dans les divers hôpitaux où ils sont parqués, j'insiste absolument pour les voir, ou bien je pénètre presque de force dans leurs chambrées. Avec quelle vive gratitude ces braves gens accueillent mes paroles de sympathie et le don d'un peu de tabac !"

"Pendant plusieurs jours de suite je distribue du tabac, des pipes et des cigares dans les églises et les hôpitaux, où l'odeur du tabac, fumé par des centaines d'hommes, était très utile pour combattre les exhalaisons méphitiques, résultant de l'agglomération de tant de malades dans des locaux étouffants de chaleur; tout ce qu'il y avait de tabac à Brescia finit bien vite par s'épuiser, et l'on fut obligé d'en faire venir de Milan; c'était la seule chose qui diminuât les appréhensions des blessés avant l'amputation d'un membre; beaucoup ont été opérés la pipe à la bouche, et plusieurs sont morts en fumant."

"Un honorable habitant de Brescia, M. Carlo Borghetti, me conduit lui-même dans sa voiture, avec une extrême obligeance, aux hôpitaux de la ville et il m'aide à répartir nos cadeaux de tabac, arrangés par les marchands en des milliers de petits cornets, que portent, dans d'énormes corbeilles et de gigantesques paniers, des soldats de bonne volonté. Seul entre tous, un docteur lombard, le comte Calini, ne voulut pas autoriser, dans l'hôpital militaire de San Luca confié à ses soins, les dons de cigares, au grand déplaisir des pauvres alités qui jetaient des regards d'envie sur les provisions de tabac entreposées à la porte, tandis que tous les autres médecins, au contraire, se sont montrés aussi reconnaissants que leurs malades des cadeaux de cette espèce."



 

Olivier Jacoulet
16 février 2007

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