«L'Angleterre et l'Amérique sont deux pays différents séparés par une même langue», a dit George Bernard Shaw. Cette phrase si distinguée, avec son humour pincé et froid, cette vérité paradoxale : c'est cela qui constitue le Britannique, la « perfide Albion », les sujets de Sa Majesté, bref tous les appellations clichées qui caractérisent ce peuple qui habite de l'autre côté de La Manche.
Il faut lire Shakespeare, Shaw, le Leviathan, mais aussi connaître l'humour de Monthy Python's Flying Circus (la version télévisée pas les films), apprécier la langue telle une bière brune pour se pénétrer de l'idée britannique. Et lorsqu'un Anglais vous dit «Oh, that's interesting!» : cela signifie que c'est ennuyeux mais qu'il vous félicite pour l'effort accompli.
On trouvera donc, classés par date de parution, une série d'articles parus dans France Soir entre le 29 décembre 1998 et le 14 juin 1999.
On retrouvera quelques thèmes « universels » favoris des Grands Bretons : Diana, (sa mort, son business, les relations Al-Fayed avec la Couronne), la famille royale (Charles, Camilla, la Reine), les homosexuels, l'Europe (l'Union, l'euro), Tony Blair, Pinochet, le droit des animaux etc.
Bonne lecture (How interesting !)
26/11/1998. Pinochet
C'est la satisfaction générale dans les rangs des organisations de défense des droits de l'Homme après la décision des 5 juges de la Chambre des Lords de maintenir en résidence surveillée le général Pinochet en attendant l'examen de
la procédure d'extradition demandée par l'Espagne. Les manifestants qui font le
siège du Parlement depuis plusieurs semaines ont laissé éclaté leur joie, certains étaient en larmes à l'annonce de la décision des juges. Scènes de liesse semblables devant la clinique privée ou le général Pinochet est en résidence semi surveillée depuis la fin octobre.
A 15 heures et 8 minutes très exactement que les 5 juges, les juges se sont
levés et ont annoncé l'un après l'autre leur décision à la Chambre des Lords. Le
suspens aura duré jusqu'à la fin puisque c'est le dernier juge, Lord Hoffman, qui a fait pencher la balance en votant pour la décision d'extradition.
L'arrestation de M. Pinochet par Scotland Yard, le 17 octobre alors qu'il venait
de subir une intervention chirurgicale était donc légale et le sénateur à vie,
dont s'était hier le 83eme anniversaire, va devoir rester en Angleterre en
attendant l'examen de son dossier à la fois par la justice et par le ministre de
l'Intérieur, Jack Straw.
C'est lui qui aura le dernier mot dans l'affaire et qui décidera si oui on
non M. Pinochet devra être extradé vers l'Espagne. Il pourra refuser son
extradition pour raisons humanitaires ou politiques, si par exemple l'extradition de M. Pinochet pourrait entraîner une déstabilisation politique au Chili; ou encore si elle nuirait aux relations commerciales entre Londres et Buenos Aires. On devrait connaître la décision de ministre mercredi prochain.
Dans l'immédiat, un juge va examiner les preuves avancées par l'Espagne
pour demander l'extradition du Sénateur à vie. Mais la procédure pourrait
s'avérer longue si on se réfère à la jurisprudence en matière d'extradition. En
effet, ces dernières années, la durée moyenne de l'examen d'un tel dossier a
pris 4 ans.
Pour Amnesty International c'est un pas historique pour mettre un terme à
l'impunité'. L'organisation de défense des droits de l'Homme estime en outre que les 5 juges ont reconnu le principe d'une juridiction universelle pour les
crimes contre l'humanité'.
Les spécialistes s'accordent pour dire que c'est un signal fort envoyé aux
dictateurs du monde entier qui pensent pouvoir commettre des violations des
droits humains en toute impunité. C'est certainement en tout cas une nouvelle prise de conscience pédagogique.
24/11/1998. Pinochet.C'est vers 15 heures cet après-midi qu'on connaîtra le sort réservé par la Grande Bretagne à Augusto Pinochet dont c'est aussi le 83eme anniversaire. C'est en effet à cette heure-là que les 5 juges de la Chambre des Lords rendront leur avis devant leurs pairs. Ils doivent décider si la Haute Cour a eu raison ou non de juger illégale l'arrestation le 16 octobre dernier par Scotland Yard de l'ancien dirigeant chilien accusé de crimes contre l'humanité.
Deux choix s'offrent aux juges. Premier choix: ils entérinent la décision de la Haute Cour. Pratiquement cela signifie que M. Pinochet est libre de rentre dans son pays. On imagine aisément la levée de boucliers que provoquerait une telle décision notamment auprès des organisations humanitaires. Du côté de la Chambre des Lords on rappelle que les 5 juges ne prendront qu'une décision judiciaire exemptes de toute considération politique.
Deuxième possibilité: les juges annulent la décision de la Haute Cour. Le sénateur à vie est donc contraint de rester sur le sol anglais en attendant la suite de la procédure..
Dans ce cas de figure, c'est au ministre de l'Intérieur de décider si oui ou non le général doit être extradé ou non. Il peut refuser son extradition pour raisons humanitaires, c'est à dire s'il juge le général trop vieux ou trop malade; il peut également refuser l'extradition si une telle mesure pourrait provoquer un risque de déstabilisation politique au Chili ou encore si elle pourrait nuire aux relations commerciales entre le Royaume Uni et le Chili.
Ensuite le dossier revient à un magistrat qui devra étudier la validité des arguments avancés par la justice espagnole.
Enfin le dossier repart une dernière fois sur le bureau du ministre de l'Intérieur qui une fois encore peut refuser l'extradition. On le voit le processus pourrait prendre des années si l'on se réfère à la jurisprudence en matière de demande d'extradition.
25/11/1998. Bœuf.Pour les éleveurs britanniques, la décision prise par Bruxelles pour la levée de l'embargo mondiale sur la viande de boeuf britannique n'est que le début d'un long processus de reconquête des marchés. Tout est une question de confiance entre les éleveurs et les consommateurs, résume un spécialiste qui estime que pour l'instant les consommateurs continuent d'être plutôt soupçonneux vis à vis de la viande de boeuf britannique. Il faut dire que l'embargo a été imposé en mars 1996 au plus fort de la crise sur l'encéphalopathie spongiforme bovine, plus connu sous le nom de maladie de la Vache folle, et ses possibles répercussions mortelles sur le cerveau humain.
De plus, avant que la moindre carcasse de boeufs puisse quitter le sol anglais, il faudra attendre trois mois. Et c'est pendant cette période de transition que le secteur va devoir multiplier les initiatives pour retrouver la confiance des consommateurs.
Le ministre de l'Agriculture Nick Brown, ne s'est pas voilé la face et reconnu, en termes diplomatiques, qu'il continue d'exister un préjudice résiduel vis à vis de la viande de boeuf britannique. Mais pour lui, il est essentiel de commencer dès aujourd'hui le travail de reconquête.
Première mesure, les autorités ont commencé à distribuer à l'étranger des milliers de prospectus vantant les mérites de la viande britannique. Cette campagne va s'intensifier dès qu'une date définitive sera annoncée pour la reprise des exportations de boeuf britannique.
Parmi les arguments de vente, le fait que la viande est jeune et régulièrement contrôlés par les vétérinaires. Inconvénient: la bureaucratie s'est traduite par un relèvement des coûts pour les éleveurs.
L'abattage des troupeaux va se poursuivre. Déjà 4,2 millions de têtes de bétails ont été tués au cours des trois dernières années.
En dépit de toutes ces mesures, les éleveurs britanniques ne se réjouissent pas. En effet, depuis juin, l'embargo contre l'Irlande du Nord a été levé. Près de 6 mois plus tard, les éleveurs irlandais exportent seulement 50 tonnes par semaine contre les 1440 tonnes hebdomadaire avant l'embargo. Il faudra au moins trois ans pour retrouver les marchés perdus, déclare résigné un éleveur.
Autre problème: la bonne santé de la devise britannique qui fait que les produits britanniques à l'exportation sont coûteux. Cela se répercute sur le prix de la viande de boeuf.
14/11/1998. CharlesPrince Charles, le retour. C'est ainsi que l'on pourrait qualifier le retour d'affection dont le Prince de Galles est l'objet depuis quelque mois. Après avoir été longtemps décrié, celui qui fête aujourd'hui ses 50 ans au
château royal de Highgrove, est en train de renaître dans le coeur de ses concitoyens, même si certains supputent sur ses frustrations réelles ou imaginaires de monarque virtuelle. Donc Happy Birthday, your Royal Highness',
comme l'a chanté récemment l'ex-Spice Girl, à l'occasion d'un des nombreux galas organisés pour l'anniversaire du futur successeur de la Reine Elizabeth.
Cette renaissance s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord, il y a eu la mort de Diana. En effet, parent unique, il est désormais jugé comme un bon père' dans l'éducation des Princes Harry et William. Ensuite, après un
énorme effort de relations publiques, ses contacts avec la presse se sont nettement améliorées, même si de nombreux observateurs affirment qu'il demeure une énigme.
Récemment, des journaux ont affirmé que le Prince rongeait son frein,exaspéré de se voir cantonner dans un second rôle par la Reine. Il aurait même émis le souhait de la voir abdiquer à l'aube du troisième millénaire. Pour une fois, il s'est départi de sa politesse compassée, pour exprimer, en termes voilés, son courroux: toute suggestion selon laquelle je souhaiterais l'abdication de sa Majesté est parfaitement absurde'. Il n'en demeure pas moins,
que plus d'un tiers des Britanniques souhaiteraient qu'il s'efface au profit du Prince William.
Idéologiquement, le Prince a mis de l'eau dans son vin. Ses vues, traditionalistes, sur l'architecture et l'art en général ne défraient plus la chronique tout simplement parce qu'il a cessé de les exprimer en public. Bémol
également sur sa passion, jugée excentrique, des produits organiques.
Depuis plusieurs jours, les cérémonies pour son demi-siècle se multiplient. Régulièrement, le Prince Charles est accompagnée de Camilla Parker Bowles. Impensable du vivant de Diana, l'idée d'une relation officielle entre
les deux fait son chemin. Certes la Reine est toujours réticente à une éventuelle union entre les deux divorcés mais de plus en plus de Britanniques verraient un tel mariage d'un oeil favorable. Dernier soutien en date: celui de l'évêque de Durham qui cette semaine a donné sa bénédiction à une telle union en affirmant même que d'une telle union serait moralement acceptable plutôt que de rester dans cette situation'.
04/11/1998. Homosexuels.
La chasse aux ministres homosexuels est désormais ouverte en Grande-Bretagne. Une chasse qui a commence une semaine après la démission du ministre charge du Pays de Galles, Ron Davies. Ce dernier avait quitte le
gouvernement après avoir été victime d'un vol alors qu'il faisait une promenade dans un parc du sud de Londres fréquenté par des homosexuels. Depuis une semaine, Ron Davies fait l'objet de vives critiques pour ne pas avoir expliqué les véritables raisons de son départ du gouvernement. Et les rumeurs sur son éventuelle homosexualité ont commence a aller bon train. Officiellement le sujet n'est plus tabou en Grande-Bretagne: au moins deux membres du cabinet de Tony Blair ont avoue ouvertement être homosexuels.
L'affaire a rebondi hier avec la lettre parue dans le Dili Telegraph de l'ancienne « éminence grise » du gouvernement Thatcher, Lord Tebbit. Ce dernier s'est attire les foudres d'une bonne partie de la classe politique en suggérant que les homosexuels soient bannis de la vie publique. Dans sa lettre, lancien président du parti Conservateur, craint qu'ils ne constituent alors un réseau d'influence a l'image de celui des Francs-maçons qui ont mauvaise presse en Grande-Bretagne. Pour plusieurs de ses amis, ce n'est qu'une gaffe mineure dans
la carrière de M. Tebbit. Pour un proche de l'actuel dirigeant du parti, c'est plus que cela: c'est un véritable retour en arrière pour un mouvement qui, après sa sévère défaite aux élections législatives de mai 1997, tente de s'ouvrir aux minorités.
Hier matin la presse populaire en remettait une couche sous l'apparence d'une tolérance re-découverte. Pour de nombreux tabloïds, les politiciens homosexuels « doivent dire la vérité ». Pour les journaux dit de qualité, toute
tendance confondue, même les ministres ont droit a une vie privée mais a condition, soulignent-ils en choeur, qu'ils ne mentent pas.
02/11/1998. PinochetC'est à l'invitation du ministère britannique de la Défense que l'ancien président chilien Augusto Pinochet est venu en Grande-Bretagne où il a été arrêté avant d'être remis en semi-liberté. C'est ce qu'ont confirme le ministère de la Défense ainsi que directeur général de l'Association des fabricants d'armes, le général Alan Sherman, le plus haut responsable de l'industrie de l'armement britannique. Ces informations pourraient se révéler quelque peu embarrassantes pour le gouvernement de Tony Blair. En effet, tout en refusant de commenter les différentes mesures judiciaires en cours, plusieurs membres du cabinet dont le ministre de l'Industrie, ont fait part de leur révulsions pour les crimes contre l'humanité dont le Sénateur à Vie est accusé.
En venant à Londres, Augusto Pinochet venait certes se faire opérer d'une hernie discale. Il venait également faire quelques emplettes chez Harrods, comme à son habitude. Un thé avec Margaret Thatcher était également prévu mais a dû être annulé pour raisons de santé. Et puis il y avait quelques emplettes vie le ministère de la Défense et British Aerospace. En effet, à la tête d'une délégation militaires chiliennes, dont les billets d'avions ont été réglés par les contribuables, M. Pinochet devait acheter des ponts portables ainsi que des engins démineurs.
Des employés du ministère ont fait part de leurs inquiétudes, d'autant que Robin Cook, le ministre des Affaires étrangères tente de concilier diplomatie et droits de l'Homme.
Il y a pire; le ministère de la Défense aurait promis à la délégation que le général chilien serait libre de quitter le pays quand bon lui semblera. Conséquence de cette affaire: plusieurs contrats d'armement britannique avec le Chili ont été purement et simplement annulés.
29/10/1998. HomosexuelsPrès d'un an et demi après son arrivée au pouvoir, le gouvernement travailliste de Tony Blair a du faire face a son premier scandale impliquant un ministre. Le Premier ministre a réagi rapidement, presque brusquement,
Pour tenter d'enterrer l'affaire Davies qualifiée de « quelque peu mystérieuse » par un haut responsable du gouvernement.. Résumé des faits: Lundi soir, Ron Davies, ministre du Pays de Galles et auteur du projet de dévolution de la province, décide d'aller faire un tour dans le parc de Clapham, haut lieu de rencontres homosexuelles dans le sud de Londres. La suite, Ron Davies, mariée a une ancienne championne de squash, il l'a racontée a la police: « un homme que je ne connaissais pas s'est approche de moi. Nous avons engage la conversation. Il m'a propose d'aller dîner avec 2 de ses amis, dont une femme, jusqu'a son appartement. J'ai accepté de les y conduire. A peine arrive au pied de son appartement, l'homme a sorti un couteau et
m'a vole portefeuille, papiers, portable et voiture ».
Mardi matin il se rendait au 10 Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre. Apres 45 minutes de discussions avec Tony Blair, il remettait a ce dernier sa lettre de démission: « J'ai commis une erreur de jugement en me laissant aborder. Cet incident va causer beaucoup d'embarras non seulement pour moi et pour le gouvernement mais surtout pour ma famille ».
L'encre a peine séchée, le gouvernement lançait une contre-offensive en démentant avec force les rumeurs de scandale sexuel. Mais, se demandait le Dili Telegraph, « s'il n'y a pas scandale sexuel, pourquoi le faire démissionner ? » Avec sa subtilité coutumière, la presse populaire se saisissait de l'affaire et a l'instar du Mirror titrait: « la honte du ministre impliqué dans une affaire de sexe gay ».
Les observateurs rappellent les nombreux scandales de ce type qui avaient secoué le précédent gouvernement conservateur. Hier matin, l'actuel gouvernement transmettait à la BBC le texte d'un futur projet de loi sur l'institution du mariage envisageant entre autres des conseils psychologiques pour ceux qui connaisssent des difficultés conjugales.
30/10/1998. DianaLe redressement de la cote de popularité du Prince Charles semble se confirmer depuis la mort de Diana il y a tout juste un an. Les journaux britanniques ont en ce moment la frénésie des sondages et le dernier en date, celui du Times, cette semaine, indique un taux de satisfaction du public à l'égard de Charles de 63%, à comparer avec les 46% peu avant la mort de Diana. Le triomphe discret de Charles, pour reprendre l'expression d'un commentateur, est dû essentiellement à un patient travail de fond au fil des mois afin de présenter l'image d'un être plus humain, moins distant.
Il est vrai que la disparition de son ex-épouse a fait se reporter sur lui un public en manque d'affection royale en raison également des critiques émises contre la monarchie. Mais d'autres raisons expliquent ce revirement de situation.
Charles, longtemps décrit par la presse comme l'ennuyeux opposé de Diana a su s'attirer depuis plusieurs mois les faveurs des journalistes. Au lieu de les ignorer superbement, il leur parle désormais lors de ses déplacements comme lors de son récent séjour en Afrique du sud. Il y a quelques jours lors à Omagh en Irlande du Nord, où un attentat à la bombe à fait 28 morts et plus de 200 blessés, il a réussi à parler ouvertement de sa peine et du souvenir de son oncle Lord Mountbatten décédé lui aussi dans un attentat de l'IRA. Le correspondant à la cour de la BBC soulignait que la nouvelle attitude de Charles dénote d'une politique d'ouverture.
On a vu l'héritier du trône accompagner ses enfants pour un thé avec les Spices Girls ou encore pour un match de football.
La presse britannique juge, en outre remarquable son dévouement à ses fils et à leur éducation, ce qui contribue, là aussi, à adoucir son image de personnage distant.
Finies également ses déclarations publiques sur l'architecture et son opposition résolue à toute forme d'évolution urbanistique. Depuis qu'il a mis ses vues en sourdine, son image de traditionaliste a cédé la place à celle de défenseur des arts, voir même de moderniste.
Comme l'explique un de ses proches ce n'est pas tant l'image du Prince qui a changé mais plutôt la perception du public. Ce qui fait que les journaux à sensation cherchent par tous les moyens à satisfaire cette nouvelle légitimité de Charles en publiant des articles élogieux sur la relation qu'il entretient avec Camilla Parker-Bowles.
Si les observateurs notent la nouvelle lune de miel entre le Prince et les Britanniques, la monarchie a encore bien des efforts à faire pour rattraper sa cote de popularité. Seule la reine semble tirer son épingle du jeu. Si l'on en croit le sondage du Times en effet, près de trois quarts de ses sujets l'approuvent.
En revanche, la presse semble vivement critiquée en particulier lors de la couverture de la mort puis des funérailles de Diana. 83% des personnes interrogées estiment en effet que les médias en ont trop fait.
Qu'on le déplore ou non, la disparition de Diana a fait la fortune de certains. Il est cependant impossible d'avoir une vision globale et précise des incidences commerciales de sa mort. Son frère, le Comte Spencer, a inauguré ce qu'on appelle déjà un Dianaland à Althorp au nord de Londres. Ce musée de pèlerinage, où est enterré Diana, a fermé ses portes hier, veille du premier anniversaire de l'accident. Pendant les deux mois d'ouverture 150 mille visiteurs se sont pressés sur le domaine. Gains récoltés: plus de 14 millions de francs qui seront reversés au Fonds crée à la mémoire de Diana. Ce Fonds aurait déjà reçu 700 millions de francs de dons dont une partie sera remis chaque année à certaines des quelque 250 aux organisations caritatives chères à la Princesse, en particulier celles qui luttent contre les mines antipersonnel ou encore les associations de lutte contre le SIDA.
Le Comte a également organisé en juin un concert dans son domaine pour sa défunte soeur. A 400 francs la place, ils étaient quand même 15 mille à y assister. Et en plus, les droits de retransmission télévisées ont été vendus à une station câblée et à la BBC qui ont refusé d'en divulguer le montant.
On signalera également d'autres entreprises moins flamboyantes: les fleurs, les polos, les cartes postales, les tasses de thé, les assiettes, les ours en peluche, les bougies à l'effigie de la Princesse et qui s'arrachent comme des petits pains. On rappellera aussi les boîtes de margarine vendues en supermarché et portant la signature de Diana. Commentaires du Premier ministre Tony Blair: La vente de ces objets est inapproprié et ringarde. Mauvais goût avait renchéri Elton John dont la chanson Candle in the Wind s'est vendue à presque 32 millions d'exemplaires dans le monde.
Le gouvernement envisage également la création d'un jardin commémoratif à côté de Kensignton Palace, la résidence officielle de Diana. Coût des travaux: 100 millions de francs. Les entrepreneurs se frottent les mains, pas les riverains qui affirment que cela va aggraver la congestion et les décibels dans le quartier.
Un spécialiste estime que le Diana Business va rapporter 1 milliard au cours des dix prochaines années. Il ne fait aucun doute que les profiteurs vont être nombreux. D'où le projet de créer des droits d'auteur sur les souvenirs à la mémoire de la Princesse. Ces droits seraient reversés au Fonds qui les reversera à son tour à des organisations caritatives.
Déjà la mère de Diana, sa soeur, réclament au titre d'exécutrices testamentaires, des droits sur la phrase La Princesse du Peuple, titre donnée à Diana par la presse populaire. Une entreprise tente d'acheter ceux sur l'expression La Princesse des Coeurs.
18/10/1998. PinochetLes organisations britanniques de défense des droits de l'Homme ont accueilli avec satisfaction l'annonce de l'arrestation, vendredi soir, d'Augusto Pinochet, l'ancien dictateur militaire chilien, en traitement pour une hernie discale dans une clinique privée de Londres. Depuis 3 jours, des policiers en armes sont stationnés autour de la clinique dans le centre de Londres tandis que d'autres sont postés devant la porte de sa chambre.
C'est Amnesty International qui, il y a une dizaine de jours, a soulevé le lièvre lorsque l'organisation de défense des droits humains a pu confirmer les rumeurs de la venue à Londres du Sénateur à Vie. Depuis elle n'a eu cesse de faire pression sur le gouvernement britannique pour qu'il accède à la demande d'extradition formulée par la justice espagnole. Celle-ci enquête sur les allégations de torture et de génocide à l'encontre de ressortissants espagnols au Chili pendant le régime du général entre 1973 et 1990. Un porte-parole de l'organisation humanitaire a déclaré: Cette arrestation est un message fort à tous les dictateurs du monde qui pensent pouvoir violer les droits de la personne humaine en toute impunité.
Bien qu'ayant pénétré en territoire britannique en possession d'un passeport diplomatique, Amnesty International estime qu'au regard du droit international, notamment en matière de génocide, Augusto Pinochet ne peut se prévaloir d'une quelconque immunité. D'ailleurs, souligne l'organisation, la résolution de 1993 adoptée par la Cour internationale de Justice de la Haye est claire: toutes les parties s'engagent à prévenir et à punir les crimes de génocide.
La Grande-Bretagne a encore 37 jours devant elle pour examiner la demande espagnole faite via Interpol. Le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que le général Pinochet n'était pas accrédité pour sa visite à Londres.
Le ministre du Commerce et de l'Industrie, Peter Mandelson, qui qualifie le général de dictateur brutal, déplore que ce dernier ait eu l'affront de clamer le privilège de l'immunité.
Robin Cook, le ministre britannique des Affaires étrangères est,de l'avis des observateurs, pris entre deux feux. D'un côté l'affaire Pinochet doit pouvoir lui servir d'illustrer sa politique étrangère à dominante humanitaire et d'un autre il se refuse de froisser le Chili qui avait apporté son soutien à Londres pendant la guerre des Malouines en 1982
16/10/1998. ViagraDepuis plusieurs jours les associations britanniques pour la protection des animaux ne décolèrent pas. Depuis en fait l'article paru dimanche dernier dans le Sunday Mirror et selon lequel la branche britannique du groupe pharmaceutique américain Pfizer a mis au point le viagra a partir de tests effectues sur des chiens de race bigle.
Pour tester le médicament anti-impuissance, les techniciens ont anesthésie plusieurs chiens, avant de leur appliquer des stimulis électriques sur leur appareil génital afin de mesurer l'effet du médicament, c'est a dire la
rigidité de l'érection canine. Apres les tests, les chiens ont été abattus.
En fait le détail de ces expérimentations ont été publie en juillet dernier dans le Journal d'Urologie aux Etats-Unis et concernait « l'effet du viagra sur la fonction érectile de chiens anesthésiés ».
Pour le porte parole de Pfizer, Andy Burrows, «c'était la seule méthode pour tester le médicament ». Et d'ajouter, « c'est généralement la seule méthode pour tester les médicaments. Il est impossible de commercialiser des produits pharmaceutiques sans passer par l'étape de l'expérimentation animale ».
Pour les défenseurs des animaux, ces tests sont inacceptables car le viagra ne sert pas à sauver des vies humaines. Réponse de Pfizer: « est-ce que cela veut dire que nous ne devons produire que des médicaments pour lutter contre le cancer ou les maladies cardiaques ? »
Mais la Société britannique pour la protection des animaux ne l'entend pas de cette oreille car selon elle, et contrairement a ce qu'affirme la compagnie, il se pourrait que ces tests aient été inutilement douloureux pour les animaux. Une autre association, l'association britannique pour l'Abolition de la vivisection, va demander au ministère de l'Intérieur pourquoi il a autorise de telles expérimentations sur ces chiens. La porte parole a déclaré « nous sommes consternés que de tels tests aient pu avoir lieu. Ces bigles ont été mutilés au cours expérimentations grotesques pour un médicament qui ne sert même pas à sauver des vies humaines ».
27/08/1998. Cybernétique.Le professeur Kevin Warwick de l'Université de Reading, à côté de Londres, a ouvert la porte de l'Histoire... et celle du bâtiment de son bureau sans avoir à lever le petit doigt. Et au moment d'entrer, un haut-parleur lui a même susurré: bienvenu professeur Warwick. Tout cela grâce à une puce en silicone implantée dans son avant-bras, juste au dessus de son coude gauche.
Le professeur, chercheur en cybernétique, cette science qui étudie les interactions entre l'homme et la technologie, va se promener jusqu'au week-end avec sa puce sous la peau. Il participe à une expérience de cybernétique destinée à appliquer l'intelligence artificielle à l'infrastructure des édifices. La technique n'est pas nouvelle: de nombreux animaux sont en effet suivi par ce moyen. Un lecteur digital lit simplement le code unique placée dans la puce implantée sous la peau. C'est cependant la première fois qu'un être humain se transforme pour quelques jours en cyborg, moitié homme moitié-robot.
La porte d'entrée du département de cybernétique de l'université de Reading peut ainsi reconnaître les intrus de ceux qui sont équipés d'une puce de 64 bits. Lorsque le professeur passe dans un détecteur, la puce déclenche un signal unique et la porte s'ouvre. Les applications sont multiples: on pourrait par exemple installer une carte de crédit sur un puce avant de la greffer dans un corps humain. Une telle puce pourrait également permettre le marquage électronique des détenus bénéficiant de sorties conditionnelles. Ou encore pour éviter de mélanger les nourrissons à leur naissance.
Mais le professeur Warwick et deux de ses collègues qui travaillent avec lui sur le projet, souhaitent s'en tenir pour l'instant à la domotique: actionnement des portes, allumage électrique, mise en marche du chauffage.
Kevin Warwick est conscient des risques que comportent cette première scientifique alliant les X-Files au Big Brother: il y a des aspects positifs et des aspects négatifs. Sur le plan positif, cela permettrait au gens d'éviter de se perdre dans de très grands bâtiments. Mais d'un autre côté, c'est aussi la porte ouverte au contrôle des êtres humains par les machines.
26/08/1998. CoupleLe petit village de Carrigmore dans la vallée de Comeragh dans le sud-est de la République d'Irlande, a été secoué de sa torpeur en apprenant, hier, la mort d'un couple de français tués par balles. Les corps de Louis et Chantal Bergeron, âgés respectivement de 46 et 42 ans, ont été découverts lundi après-midi à 15 heures dans le cottage qu'ils avaient achetés il y a plus d'un an à 5 kilomètres au nord de Clogheen.
Les dépouilles ont été retrouvées après qu'un ami eut fait part de ses inquiétudes à la Garda, la police irlandaise. Louis Bergeron, un fervent de pêche et de chasse, lui avait donné rendez-vous pour une partie de pêche. Selon le journal Irish Independent, le couple n'avait pas été vu en public depuis mercredi dernier. En pénétrant dans la maison, à un étage et entouré d'un jardin bien entretenu, les policiers ont découvert le corps de Louis Bergeron derrière la porte d'entrée. Il avait à la tête une profonde blessure provoquée par balle. Les enquêteurs ont retrouvé un fusil à deux coups pour lequel la victime possédait un permis. Le corps de son épouse se trouvait dans une chambre à l'arrière de la maison. Elle aussi portait des traces de blessures par balles.
Les autopsies ont été pratiquées hier soir vers 22 heures 30 et on connaîtra les résultats dans le courant de la journée, a indiqué l'inspecteur Ned Dwyer qui dirige l'enquête. Il a refusé de se prononcer sur les causes des décès. Le couple a deux filles qui vivent en France et la Garda est en contact avec la police française.
Rien ne semble avoir été dérangé dans la maison et le véhicule du couple, une Nissan Patrol à 4 roues motrices était garée dans l'allée. Personne n'a pu entendre de coups de feu car la plus proche habitation se trouve à environ 500 mètres de là.
Mick Norris, un voisin du couple, a déclaré Chantal Bergeron faisait régulièrement chaque matin un peu de course à pied. Je crois qu'elle était couturière, a-t-il poursuivi avant d'ajouter c'était un couple très gentil, très discret qu'on ne connaissait pas très bien.
Ils étaient tombés amoureux de ce petit coin d'Irlande il y a 5 ans et avaient décidé il y a 14 mois d'acheter le cottage pour le restaurer et y couler des jours paisibles. Le vendredi soir, ils se rendaient dans un pub près de Clogheen pour y écouter de la musique traditionnelle irlandaise. Selon le propriétaire du bar, Batt Sweenay, ils avaient de nombreux amis qui leurs rendaient souvent visite.
25/08/1998. Charles & CamillaUn triomphe discret: c'est ainsi que l'on qualifie le retour en grâce du Prince Charles auprès du public britannique. En effet, selon plusieurs sondages publiés ces dernières semaines, pour la première fois depuis plusieurs mois, une majorité de personnes interrogées pense que Charles ferait un bon roi.
Le 15 août dernier, dans un sondage du Guardian, le quotidien de centre-gauche, on notait que, pour la première fois depuis octobre 1997, 54% des Britanniques souhaitaient voir Charles accéder au trône. Un bond de 14 points dans l'estime de ses compatriotes. Autant dire un triomphe personnel compte tenu des critiques dont font l'objet les autres membres de la famille royale. En effet, selon ce même sondage plus du quart des Britanniques pensent qu'il faut supprimer la monarchie et ce en dépit des efforts menés par une cellule de réflexion sur l'avenir de la monarchie. Elizabeth II et ses conseillers en communication ont du pain sur la planche pour regagner la faveur du peuple.
En revanche, plusieurs facteurs expliquent le regain de popularité du Prince de Galles. Tout d'abord, la disparition de Diana fait que le public a reporté son affection sur lui. Un spécialiste explique: Ce n'est pas le Prince qui a changé. C'est la perception du public qui le voit désormais dans sa vraie lumière en raison de la disparition de Diana.
En présentant l'image d'un père dévoué à l'éducation de ses enfants, William et Harry, il s'est également rendu plus humain, moins distant. D'ailleurs le sondage du Guardian le souligne: La campagne du Prince Charles en vue de reconquérir le coeur et la tête du peuple Britannique au lendemain de la mort de Diana constitue un triomphe discret.
Charles s'est donc déridé, invitant pour le thé avec ses enfants, les Spices Girls ou en les accompagnant pour voir le groupe All Saints lors d'un festival de pop music à Hyde Park. Il a de plus mis en veilleuses ses velléités urbanistiques. La guerre des styles qui l'avait opposé pendant de nombreuses années aux architectes est officiellement terminée, enterrant par la même son image de traditionaliste en la matière.
Sa relation avec la presse a également changé. Il y a quelques mois lors de son voyage en Afrique du sud, on l'avait vu à deux reprises plaisanter avec les journalistes qui l'accompagnaient. Commentaire de Paul Reynolds, le correspondant royal de la BBC: premièrement cela signifie que le Prince est en forme et deuxièmement cela dénote une politique d'ouverture.
Si donc le Prince Charles baigne dans la félicité retrouvée, ou presque, on ne peut pas en dire autant de la monarchie. En dépit d'un léger mieux dans la cote de popularité au lendemain des funérailles de Diana, depuis c'est la déroute. En 1994, 70% des personnes interrogées estimaient que la disparition de la famille royale constituerait une grave perte pour le pays. Cette année, ils ne sont plus que 52% à le penser.
Reste que les anti-monarchistes n'entendent pas abandonner la partie. Ils vont organiser dans les mois à venir deux manifestations pour protester contre le coût de la Couronne. La première aura lieu le 31 octobre devant le Palais de Buckingham à l'occasion des célébrations marquant le cinquantième anniversaire du Prince Charles. La deuxième est prévue en janvier pour célébrer le 350ème anniversaire de l'exécution de Charles 1er.
EncadréEt Camilla dans cette affaire ? Si elle n'a pas regagné la faveur des la presse tabloïd, en revanche le public ne semble plus opposé à l'officialisation de la relation entre le Prince Charles et Camilla Parker-Bowles. Certes en octobre dernier, une majorité de Britanniques (55%) était opposé à l'idée d'un mariage, mais aujourd'hui ils ne sont plus que 46%. L'idée fait son chemin petit à petit.
Discrète Camilla n'en est pas moins présente dans la vie de Charles et de ses enfants. Fin juillet, elle assistait au cinquantième anniversaire du Prince de Galles organisé par les Princes Harry et William. On y voit là un signe indéniable de la remontée de sa cote de popularité même si pour l'occasion la Reine n'était pas présente.
En mars dernier, Charles et Camilla avaient reçu ensemble 25 invités au château de Sandringham, appartenant à la Reine. Une manière d'officialiser un peu plus sa relation avec l'héritier du trône.
Autre rapprochement, et de taille, celui en juin entre Camilla et le prince William. Le fils aîné de Diana a rencontré la maîtresse de son père pendant une demi-heure et l'entretien privé s'est déroulé de la meilleure manière même si selon quelques indiscrétions Camilla était très nerveuse au point de demander un remontant alcoolisée après l'entrevue.
Pour les purs et durs de l'exégèse monarchiste, comme ces deux enseignants de catéchisme pour qui Diana représente l'Enfer, la Reine aurait cependant dû s'exprimer publiquement et dénoncer la relation extraconjugale entre le Prince Charles et Camilla Parker-Bowles. Après tout elle est à la tête de l'Eglise anglicane. Oui mais voilà les temps ont semble-t-il bien changé d'autant que Charles l'a affirmé haut et fort à plusieurs reprises: Camilla n'est pas négociable. Diana elle même avait reconnu que Camilla représentera toujours pour le Prince Charles l'amour de sa vie.Les factions sont nombreuses au sein du mouvement républicain. La plus connue est l'IRA, l'Armée républicaine irlandaise, fondée il y a près de 80 ans pour lutter en faveur de la réunification irlandaise. Le débat sur l'usage de la violence a toujours existé au sein du mouvement entre les radicaux et les modérés. En 1969, l'IRA se divise entre l'IRA Officielle, un mouvement politique d'obédience socialiste tandis que l'IRA Provisoire prend la tête de la guérilla. Lorsqu'on parle de l'IRA c'est de cette IRA-là qu'il s'agit. C'est ce groupe qui a restauré le cessez-le-feu en 1997, permettant ainsi à sa branche politique, le Sinn Fein, de rejoindre les pourparlers de paix multipartites. Gerry Adams, le président de l'organisation a d'ailleurs condamné sans équivoque l'attentat d'Omagh. Or par le passé, il était plutôt réticent dans ces critiques contre le mouvement républicain armé. Le député a lui aussi interrompu ses vacances pour se rendre à Omagh en compagnie du chef de la délégation des négociateurs du Sinn Fein, Martin McGuiness. Pour ce dernier, l'attentat est l'oeuvre d'un groupe dissident non représentatif du mouvement républicain.
Il existe en outre l'IRA Continuité, un groupe d'extrémistes violemment opposés à toute négociation qui ne prévoit pas la réunification des deux Irlande. Toute aussi radicale, l'Armée Irlandaise de Libération Nationale formée en 1975: elle en désaccord avec l'idée même de cessez-le-feu et considérée comme extrémiste au sein du mouvement républicain. Son premier coup d'éclat a eu lieu en 1979 avec l'assassinat dans l'enceinte du Parlement à Londres du secrétaire d'Etat à l'Irlande du Nord d'alors, un proche de Margaret Thatcher. Quant au mouvement Action Directe Contre la Drogue, il serait une couverture pour l'IRA Provisoire qui lui a permis d'assassiner plusieurs personnes pendant le cessez-le-feu.
S'il y a donc plusieurs factions dans le mouvement, les enquêteurs s'intéressent plus particulièrement à un groupe dissident de l'IRA, inconnu jusqu'aux accords de paix signé le vendredi de Pâques. Il s'agit du Real IRA, l'IRA Authentique, un groupe de 50 à 70 membres qui se considèrent comme les véritables détenteurs de l'orthodoxie républicaine en Irlande du Nord. Le mouvement n'a jamais accepte ni le cessez-le-feu de l'IRA, ni les accords de paix multipartites signés à Stormont. A la tête du groupe se trouve celui qui a démissionné du poste de responsable de l'armement au sein de l'IRA en octobre dernier en raison du soutien apporté par le Sinn Fein, au processus de paix. Les fonctions qu'il occupait au sein de l'IRA lui ont donc permis d'avoir accès à une large quantité d'armes et de munitions, ce qui explique la violence de l'explosion à Omagh.
La majorité des membres du groupe vivent en République d'Irlande et ne franchissent la frontière avec le nord que pour perpétrer des attaques. Ils sont responsables de plusieurs attentats et en mai l'IRA Authentique affirmait la machine de guerre vise de nouveau les membres du cabinet britannique. Il ne mentionnait pas les civils non armés.
IRA (2)Le processus de paix survivra-t-il à l'attentat d'Omagh ? La question est sur toutes les lèvres à commencer par celles des habitants de la petite bourgade d'Irlande du Nord. Certains craignent que les accords de paix signés le Vendredi Saint ne soient venus ensanglanter Omagh un samedi après-midi de kermesse en l'honneur du rapprochement des communautés catholique et protestante.
Les observateurs soulignent que l'attentat constitue le plus grave défi aux accords de paix et à un processus de paix instable et fragile, pour reprendre l'expression d'un commentateur de la BBC. Les politiciens britanniques et irlandais savaient que la solidité des accords de Stormont allaient être testée par les groupes paramilitaires opposés à la paix. Ils ne prévoyaient rien à cette échelle.
Depuis samedi après-midi, les personnalités politiques, qui interviennent sur les ondes des télévisions et radios répètent que le processus de paix ne se laissera pas détourner de ses objectifs mais la pression est énorme pour que Londres et Dublin présentent un front uni face à la tragédie. Les gouvernements britanniques et irlandais vont devoir prendre une série de mesures communes et unanimes pour tenter de maîtriser la violence.
Déjà, les politiciens unionistes, en faveur du maintien de la province au sein de la Couronne, comme Peter Robinson, le vice-président du Parti démocratique d'Ulster, accusent le gouvernement britannique d'avoir abdiqué devant les terroristes en signant un accord qui prévoit la création d'une assemblée. Toutefois, pour le dirigeant du Parti Travailliste Social Démocrate, John Hume, l'un des principaux artisans de l'accord de paix qui a qualifié les auteurs de l'attentat de fascistes, cet acte terrible va renforcer la volonté de tous en faveur des accords de paix.
A long terme, en raison de cet attentat, c'est la crédibilité même de la nouvelle assemblée provinciale qui est en jeux.
10/08/1998. AnimauxLe Front de Libération des Animaux (ALF) a une nouvelle fois fait parlé de lui au cours du week-end en rendant la liberté à 6000 visons d'une ferme d'élevage à fourrure à Ringwood, dans le sud de l'Angleterre, dans la très touristique et sauvage New Forest. Les visons terrorisent le comté du Hampshire, titrait hier matin la presse.
Mais cette opération commando est loi de faire l'unanimité. Le propriétaire de la ferme d'élevage, Terence Smith, l'a qualifié de stupide. Selon M. Smith, qui est actuellement en procès pour cruauté envers animaux, la libération des visons met leur propre existence en danger, sans parler de celle de la faune locale, voire même du public. Les voisins du propriétaire de la ferme ont été réveillés tôt samedi matin par les jappements de leurs chiens de garde. Il y en avait partout, dit l'un des voisins, dans mon étable, même dans mes canalisations. Cela ne pas être évident pour s'en débarrasser.
Les nombreuses organisations de défense des animaux protestent avec vigueur et accusent le Front de Libération des Animaux d'avoir agi sans réfléchir. En effet, selon une porte parole SPA locale ces visons qui ne sont pas du tout habitués à la vie sauvage, risquent de mourir assez rapidement. D'autres seront certainement la cible de chasseurs ou bien simplement écrasés par des voitures.
Par ailleurs, selon les spécialistes, les visons vont provoquer d'importants dégâts à l'écologie locale avec des répercussions sur l'industrie touristique car la New Forest est une réserve naturelle très prisée des Britanniques et des étrangers.
Pour Mark Glover de l'association Respect pour les animaux, ceux qui ont libéré les visons ne sont pas vraiment des amoureux de la nature. Et il ajoute que même si les animaux sont rattrapés, ils seront remis dans des cages avec d'autres visons ne faisant pas partie de leur groupe familial. Conséquence dit-il: les animaux vont se battre jusqu'à la mort.D'habitude, le Front a l'habitude de mener des opérations commandos contre les laboratoires où sont pratiqués toute une série de tests souvent sanglants sur des animaux. Là, de l'avis des multiples sociétés protectrices des animaux ils sont allés trop loin. Le débat sur l'élevage de la fourrure en Grande-Bretagne fait rage et le gouvernement a annoncé il y a quelques jours qu'il entendait proposer une législation afin de l'interdire purement et simplement. Une annonce qui a provoqué la colère des éleveurs pour qui la protection des animaux devrait être basée non pas sur des sentiments mais sur des faits scientifiques. Néanmoins, l'annonce du gouvernement semble avoir donné des ailes aux membres du Front.
31/07/1998. Erreur judiciaire.C'est le hasard qui a permis de redresser une erreur judiciaire, une de plus en Grande-Bretagne. Ryan James, un vétérinaire de 43 ans au moment des faits, condamné à la prison à vie pour le meurtre de son épouse, Sandra, âgée de 39 ans, a retrouvé la liberté grâce à une simple note de sa femme découverte par hasard dans une revue et l'innocentant.
Les trois juges de la Cour d'Appel de Londres ont décidé de le remettre en liberté après 3 ans et demi de prison. Il avait été condamné en mai 1995 pour avoir tué sa femme à coup de remède de cheval c'est le cas de le dire puisqu'il s'agissait d'un puissant tranquillisant pour endormir les chevaux avant une opération. C'est un produit que le vétérinaire n'avait eu aucun mal à se procurer même dans le petit village de Burton-upon-Trent où il exerçait. L'intéressé avait toujours clamé son innocence, arguant que sa femme s'était suicidée et ce malgré les preuves jugées accablantes contre lui: en disparaissant son épouse lui laissait une assurance-vie de près de 2 millions de francs. De plus, il entretenait une liaison avec une femme, Catherine Crooks, qu'il a depuis épousée en prison. Bref, l'affaire était entendue et le juge qui passait la sentence disait: vous êtes l'homme le plus diabolique, le plus égoïste et le plus criminel que j'ai dû condamner au cours de ma carrière.
Un premier appel en 1996 est rejeté par la justice. Puis l'an dernier tout change. Une émission de la BBC, spécialisée dans les erreurs judiciaires, révèle que Catherine Crooks a découvert par hasard, en rangeant des affaires chez celui qui allait devenir son nouveau mari, une note écrite de la main de la disparue et dissimulée dans une copie d'un magazine vétérinaire. Cette note dit simplement: Ryan, je ne te laisse rien d'autres que cette note, si tu la trouves à temps et elle est signée Sam, le surnom donnée à la première épouse du prisonnier. La justice se voit contrainte d'accepter l'appel de Ryan James.
Pour l'avocat de ce dernier, il ne fait aucun doute que cette note prouve que la défunte avait en fait l'intention de se suicider. De plus, un peu avant sa mort, elle souffrait de dépression due à des antécédents médicaux. Dans les années 70 en effet, son médecin lui avait prescrit des anti-dépresseurs. Enfin, et peut-être surtout, elle venait d'apprendre la liaison de son époux avec Catherine Crooks.
La Cour d'Appel a été convaincue par les arguments de la défense. Les audiences devaient durer trois jours mais quelques heures à peine après le début de la révision du procès, elle ordonnait la libération immédiate du détenu. A sa sortie du tribunal, celui-ci déclarait simplement: je suis content que cette épreuve soit terminée. J'ai toujours maintenu mon innocence.
Cette affaire s'inscrit dans toute une série de redressements judiciaires qu'a connus la Grande-Bretagne ces dernières années. Hier encore, la justice a cassé la condamnation